25 juin 2008
Pain Complet maison
en pétrissant pendant seulement 10 min
la pâte
la croûte
la mieIngrédients :
- 2 sachets de levure de boulangerie rapide
- 1 c. à café ou 8 g de sucre en poudre
- 15 cl d'eau chaude
- 500 g de farine de blé complète
- 4 c. à soupe ou 44 g d'huile de noix
- 5 g de sel
- 21 cl d'eau
Protocole :
Dans un bol, mélanger jusqu'à homogénéité la levure et le sucre avec l'eau.
Laisser gonfler 10 à 15 min selon température ambiante (penser à privilégier la proximité d'une source de chaleur pour accélérer le processus).
Laisser gonfler 10 à 15 min selon température ambiante (penser à privilégier la proximité d'une source de chaleur pour accélérer le processus).
Ajouter le sel et l'huile à la farine, puis la préparation de levure et mélanger pendant 10 min.
Recouvrir d'un linge et laisser lever 1 à 2 heures.
Mettre le pain en forme en chassant les bulles d'air et le rouler dans la farine avant de le déposer sur une plaque à pizza recouverte d'un papier cuisson.
Cuire au four (7) en compagnie d'un ramequin d'eau pendant 35 à 40 min selon le goût.
...recette...
24 juin 2008
Il y a quelques jours, j'ai mis le nez hors de ma pomme sur la toile, et là, j'ai vu mon blog tout déformé par l'œil torve du grand IE : un chaos informe... la lutte a été difficile, mais bon je pense que maintenant le blog devrait avoir meilleure mine dans la fenêtre des utilisateurs "windoz"...
11 juin 2008
Je me souviens que pour Adorno, ce qui définit l'œuvre d'art c'est son absence de fonction. Or, dans ce qu'on appelle "culture de masse" ou parfois "sub-culture", ce qui pose la question du statut des productions, c'est bien sûr l'usage qu'on en fait...
Si le progrès ne s'applique pas à l'art autrement que dans sa dimension technique, il y pourtant progrès dans l'expérience esthétique pour l'usager, lorsqu'il passe d'une consommation de l'offre imposée par les marchands de sable, à la recherche directement esthétique, qui comprend l'auto-réflexivité de son expérience aux œuvres.
Ce qui fait l'œuvre c'est sa réception en tant que telle — Kant disait, je crois... que le beau plaît universellement sans concept, et il distinguait le goût des sens du goût de la réflexion :
"Le premier genre de goût peut s'appeler goût des sens, le second goût de la réflexion, puisque le premier ne consiste qu'à porter des jugements d'ordre personnel, tandis que le second en porte qui prétendent être universels (publics), mais tous deux fondent des jugements esthétiques (non pratiques) sur un objet, ne concernant que le rapport de sa représentation au sentiment de plaisir et de peine."
Kant, "La Critique de la Faculté de Juger"
Richard Shusterman, un peu isolé il y a une dizaine d'années, défendait une esthétique plus "vivante", et plus immédiate, dans un ouvrage intitulé "L'Art à l'Etat Vif". Il montrait que l'expérience peut être esthétique même dans le cas d'un résultat sensible non intentionnel (Kant comme d'autres, trouvait déjà la beauté naturelle supérieure à la beauté artistique). L'œuvre donc n'a pas besoin d'être créée en tant que telle pour le devenir... c'est le contexte qui la définit — pour Danto, c'est le milieu de l'art qui évalue et attribue le label d'"œuvre contemporaine" aux travaux des artistes, à la Renaissance, c'était la signature de l'auteur, mais le capitalisme a vaincu... L'Art Brut, la machine à peindre de Tinguely... la Publicité... les Tags Urbains... tous seraient accessibles à l'"homme de goût" avec Mozart et Schönberg, mais l'homme de la masse, qui ne s'autorise à expérimenter les œuvres qu'à travers la lucarne du genre préféré de son milieu culturel — le cadre d'une convention de forme, de sujet et d'intention — ne saurait en venir, dit Shusterman, à aimer Stockhausen, Nono ou Scelsi sans autre forme de procès, sans éducation... pas sûr du tout, à mon avis... car si nous ne rencontrons pas vraiment les gens, il est certain, comme le disait Deleuze dans son Abécédaire, que nous rencontrons parfois vraiment les œuvres, dont la grâce ou le sublime nous ravissent ou nous terrifient malgré tout — nos lacunes sensibles, notre intelligence, notre inculture, nos attentes et nos dégoûts...
Si pour Adorno, l'œuvre formule dans son propre langage une contestation de la société, il dénonce pourtant avec force les œuvres à vocation "politique" qui instrumentalisent l'art, et le dénaturent... en le réduisant à une simple propagande. Benjamin définissait pour sa part la valeur artistique de l'œuvre à la multiplicité des lectures qu'elle propose. Sans fonction, l'art se doit d'être sans "message", et pourtant... L'art n'est-il pas toujours né pourtant dans le lit des images et de la musique prostituées — à la religion, aux puissants de la politique ou de la finance, aux bourgeois ? Aujourd'hui encore, les vedettes de sitcom deviennent des stars de cinéma, on ne sait par quel miracle, et parmi elles, certaines sont de grands acteurs, ou de merveilleuses comédiennes. Au cinéma, les réalisateurs d'Hollywood finissent par laisser leur trace dans l'histoire du septième art...
L'art ne serait-il pas simplement ce qu'apporte en profondeur à l'homme cette consommation d'images, de musique, le plaisir d'écouter la berceuse des mots ? un petit plus, inutile à la survie matérielle de l'homme, comme un autre point de vue sur le monde, un luxe en quelque sorte ? une évasion ?
L'art est sans fonction, mais l'amour est un apprentissage : Niezstche disait qu'à l'instar de ce qui se passe avec la musique, qui ne se laisse pas toujours aimer à la première écoute, qui nous dérange de sa nouveauté, nous agresse parfois, et qu'il faut reprendre à plusieurs reprises, avant d'être assez envahi d'elle, jusqu'à en avoir assez et pouvoir la chantonner inconsciemment... jamais l'amour n'est donné à l'homme à sa naissance, il reçoit de l'amour, mais il ne sait pas de manière innée, faire de la place dans ses proches pour accueillir les nouvelles arrivées... il lui faut donc apprendre à aimer ce qui est différent de lui ou de sa culture... et qu'il ne comprend pas.
La culture est un système à clôture dont l'effet est de permettre d'identifier l'Un et l'Autre, dans leur singularité, et s'exprime dans leurs évidentes différences. Avoir une culture, s'est être délimité, et donc défini dans et par ce cadre. Appartenir à une culture donnée, c'est percevoir et concevoir le monde à travers le filtre d'un point de vue partageable avec les nôtres, quels qu'ils soient, car les réseaux que nous tissons sont innombrables, et engagent chacun l'acquisition d'une culture spécifique.Tous les hommes ont une culture, parce qu'ils sont grégaires et qu'ils s'assemblent en tribus, en ethnies, en sociétés, en nation, etc. Tous les hommes sont donc cultivés, au moins passivement, parce qu'ils sont sociables... Or, la culture semble être souvent confondue avec l'érudition. La Culture, avec sa majuscule et sa majesté hautaine, n'est heureusement pas le lot commun chez les hommes... L'homme sans qualité ne se sent "callé" que dans les domaines où le poussent ses propres goûts, et en dehors de son monde, il ne connaît rien. Comme nous tous. Si le monde ne vient pas à lui, il reste là où il est, car il y a à faire, et peu de temps dans la vie d'un homme.
Tous les hommes vivent sans le savoir dans une chambre, disait Blanchot, bien que beaucoup d'entre eux ignorent totalement y être reclus. Ceux qui en ont pris conscience, c'est parce qu'ils se sont levés et ont marché en avançant vers l'inconnu, et qu'ils ce sont heurtés brutalement heurtés à ses murs... dés lors conscients des limites de leur perception du monde, ils vivent dans la solitude de cette obsession : aller voir ailleurs, repousser les limites de la cellule d'isolement qui cerne l'être. Sa curiosité le met au contact de l'inconnu qui secrète, et dans l'expérience consciente qu'il fait du monde, l'homme devient "celui qui sera ce qu'il sera", car la multiplication des points de vue le guide vers l'omniscience... modèle virtuel de la perfection... savoir se mettre à la place de l'autre, distinguer en soi l'identité, le singulier, le social, le culturel, et enfin au fond de l'être ce qui reste, c'est sûrement quelque trace de l'humain universel... c'est là, en pensée dans l'identification, que l'homme franchit les murs de sa chambre... il n'y a pas d'autre issue... car "la voie qui peut être dite n'est pas la voie".
Pour homme cultivé — là, j'entends parler de l'homme érudit — sa propre érudition n'est le plus souvent que la conséquence de passions, et non de son mérite. Cependant, on découvre aussi parfois des stratégies de réussite sociale, des besoins de reconnaissance ou de simples vantardises ; l'homme qui se cultive augmente sa connaissance des autres, souvent par désir d'intégrer le groupe auquel ceux-ci appartiennent, et qui l'attire... Paradoxalement, plus l'homme est cultivé, plus il se sent seul. Plus il a repoussé loin les limites de ses a priori et celles de ses expériences, de sa conscience, plus il a de mal à "rencontrer" d'autres membres de ce petit groupe idéal avec lequel il pourrait tout partager... Plus on tire sur la corde qui nous étouffe, plus elle resserre son étreinte et s'enfonce en meurtrissant la peau de notre gorge...
L'esthétique d'Adorno est une conception élitiste de l'art : mais l'art, de toute manière dans nos sociétés, de concerne que l'élite "bourgeoise". Certaines vies, même en Occident, ne sont pas encore sorties de l'urgence de la survie au quotidien, et pour ceux qui les vivent, l'art n'est rien d'autre que la petite tête d'épingle d'une planète lointaine, un autre monde futile, pédant, incompréhensible et donc ridicule, dont ils ne font pas partie — il y avait une scène dans ce goût-la dans le film "La Haine" de Kassowitz, dans laquelle les jeunes de la cité visitaient une galerie d'art parisienne... Indépendamment du problème de la place de l'art dans une société où la classe moyenne est majoritaire, l'art est en soi distinction. Pour qu'il y ait de l'art, il faut bien qu'il y ait quelque part, quelque chose d'autre qui n'en soit pas, et qui, par négation, permet d'ouvrir un espace de réflexion dans la pratique des œuvres, que celle-ci soit esthétique ou poéitique. Ce qu'on sait de mieux, et de plus juste aujourd'hui sur l'art, c'est ce qu'il n'est pas, ou pas encore.
...réflexion...
Si le progrès ne s'applique pas à l'art autrement que dans sa dimension technique, il y pourtant progrès dans l'expérience esthétique pour l'usager, lorsqu'il passe d'une consommation de l'offre imposée par les marchands de sable, à la recherche directement esthétique, qui comprend l'auto-réflexivité de son expérience aux œuvres.
Ce qui fait l'œuvre c'est sa réception en tant que telle — Kant disait, je crois... que le beau plaît universellement sans concept, et il distinguait le goût des sens du goût de la réflexion :
"Le premier genre de goût peut s'appeler goût des sens, le second goût de la réflexion, puisque le premier ne consiste qu'à porter des jugements d'ordre personnel, tandis que le second en porte qui prétendent être universels (publics), mais tous deux fondent des jugements esthétiques (non pratiques) sur un objet, ne concernant que le rapport de sa représentation au sentiment de plaisir et de peine."
Kant, "La Critique de la Faculté de Juger"
Richard Shusterman, un peu isolé il y a une dizaine d'années, défendait une esthétique plus "vivante", et plus immédiate, dans un ouvrage intitulé "L'Art à l'Etat Vif". Il montrait que l'expérience peut être esthétique même dans le cas d'un résultat sensible non intentionnel (Kant comme d'autres, trouvait déjà la beauté naturelle supérieure à la beauté artistique). L'œuvre donc n'a pas besoin d'être créée en tant que telle pour le devenir... c'est le contexte qui la définit — pour Danto, c'est le milieu de l'art qui évalue et attribue le label d'"œuvre contemporaine" aux travaux des artistes, à la Renaissance, c'était la signature de l'auteur, mais le capitalisme a vaincu... L'Art Brut, la machine à peindre de Tinguely... la Publicité... les Tags Urbains... tous seraient accessibles à l'"homme de goût" avec Mozart et Schönberg, mais l'homme de la masse, qui ne s'autorise à expérimenter les œuvres qu'à travers la lucarne du genre préféré de son milieu culturel — le cadre d'une convention de forme, de sujet et d'intention — ne saurait en venir, dit Shusterman, à aimer Stockhausen, Nono ou Scelsi sans autre forme de procès, sans éducation... pas sûr du tout, à mon avis... car si nous ne rencontrons pas vraiment les gens, il est certain, comme le disait Deleuze dans son Abécédaire, que nous rencontrons parfois vraiment les œuvres, dont la grâce ou le sublime nous ravissent ou nous terrifient malgré tout — nos lacunes sensibles, notre intelligence, notre inculture, nos attentes et nos dégoûts...
Si pour Adorno, l'œuvre formule dans son propre langage une contestation de la société, il dénonce pourtant avec force les œuvres à vocation "politique" qui instrumentalisent l'art, et le dénaturent... en le réduisant à une simple propagande. Benjamin définissait pour sa part la valeur artistique de l'œuvre à la multiplicité des lectures qu'elle propose. Sans fonction, l'art se doit d'être sans "message", et pourtant... L'art n'est-il pas toujours né pourtant dans le lit des images et de la musique prostituées — à la religion, aux puissants de la politique ou de la finance, aux bourgeois ? Aujourd'hui encore, les vedettes de sitcom deviennent des stars de cinéma, on ne sait par quel miracle, et parmi elles, certaines sont de grands acteurs, ou de merveilleuses comédiennes. Au cinéma, les réalisateurs d'Hollywood finissent par laisser leur trace dans l'histoire du septième art...
L'art ne serait-il pas simplement ce qu'apporte en profondeur à l'homme cette consommation d'images, de musique, le plaisir d'écouter la berceuse des mots ? un petit plus, inutile à la survie matérielle de l'homme, comme un autre point de vue sur le monde, un luxe en quelque sorte ? une évasion ?
L'art est sans fonction, mais l'amour est un apprentissage : Niezstche disait qu'à l'instar de ce qui se passe avec la musique, qui ne se laisse pas toujours aimer à la première écoute, qui nous dérange de sa nouveauté, nous agresse parfois, et qu'il faut reprendre à plusieurs reprises, avant d'être assez envahi d'elle, jusqu'à en avoir assez et pouvoir la chantonner inconsciemment... jamais l'amour n'est donné à l'homme à sa naissance, il reçoit de l'amour, mais il ne sait pas de manière innée, faire de la place dans ses proches pour accueillir les nouvelles arrivées... il lui faut donc apprendre à aimer ce qui est différent de lui ou de sa culture... et qu'il ne comprend pas.
La culture est un système à clôture dont l'effet est de permettre d'identifier l'Un et l'Autre, dans leur singularité, et s'exprime dans leurs évidentes différences. Avoir une culture, s'est être délimité, et donc défini dans et par ce cadre. Appartenir à une culture donnée, c'est percevoir et concevoir le monde à travers le filtre d'un point de vue partageable avec les nôtres, quels qu'ils soient, car les réseaux que nous tissons sont innombrables, et engagent chacun l'acquisition d'une culture spécifique.Tous les hommes ont une culture, parce qu'ils sont grégaires et qu'ils s'assemblent en tribus, en ethnies, en sociétés, en nation, etc. Tous les hommes sont donc cultivés, au moins passivement, parce qu'ils sont sociables... Or, la culture semble être souvent confondue avec l'érudition. La Culture, avec sa majuscule et sa majesté hautaine, n'est heureusement pas le lot commun chez les hommes... L'homme sans qualité ne se sent "callé" que dans les domaines où le poussent ses propres goûts, et en dehors de son monde, il ne connaît rien. Comme nous tous. Si le monde ne vient pas à lui, il reste là où il est, car il y a à faire, et peu de temps dans la vie d'un homme.
Tous les hommes vivent sans le savoir dans une chambre, disait Blanchot, bien que beaucoup d'entre eux ignorent totalement y être reclus. Ceux qui en ont pris conscience, c'est parce qu'ils se sont levés et ont marché en avançant vers l'inconnu, et qu'ils ce sont heurtés brutalement heurtés à ses murs... dés lors conscients des limites de leur perception du monde, ils vivent dans la solitude de cette obsession : aller voir ailleurs, repousser les limites de la cellule d'isolement qui cerne l'être. Sa curiosité le met au contact de l'inconnu qui secrète, et dans l'expérience consciente qu'il fait du monde, l'homme devient "celui qui sera ce qu'il sera", car la multiplication des points de vue le guide vers l'omniscience... modèle virtuel de la perfection... savoir se mettre à la place de l'autre, distinguer en soi l'identité, le singulier, le social, le culturel, et enfin au fond de l'être ce qui reste, c'est sûrement quelque trace de l'humain universel... c'est là, en pensée dans l'identification, que l'homme franchit les murs de sa chambre... il n'y a pas d'autre issue... car "la voie qui peut être dite n'est pas la voie".
Pour homme cultivé — là, j'entends parler de l'homme érudit — sa propre érudition n'est le plus souvent que la conséquence de passions, et non de son mérite. Cependant, on découvre aussi parfois des stratégies de réussite sociale, des besoins de reconnaissance ou de simples vantardises ; l'homme qui se cultive augmente sa connaissance des autres, souvent par désir d'intégrer le groupe auquel ceux-ci appartiennent, et qui l'attire... Paradoxalement, plus l'homme est cultivé, plus il se sent seul. Plus il a repoussé loin les limites de ses a priori et celles de ses expériences, de sa conscience, plus il a de mal à "rencontrer" d'autres membres de ce petit groupe idéal avec lequel il pourrait tout partager... Plus on tire sur la corde qui nous étouffe, plus elle resserre son étreinte et s'enfonce en meurtrissant la peau de notre gorge...
L'esthétique d'Adorno est une conception élitiste de l'art : mais l'art, de toute manière dans nos sociétés, de concerne que l'élite "bourgeoise". Certaines vies, même en Occident, ne sont pas encore sorties de l'urgence de la survie au quotidien, et pour ceux qui les vivent, l'art n'est rien d'autre que la petite tête d'épingle d'une planète lointaine, un autre monde futile, pédant, incompréhensible et donc ridicule, dont ils ne font pas partie — il y avait une scène dans ce goût-la dans le film "La Haine" de Kassowitz, dans laquelle les jeunes de la cité visitaient une galerie d'art parisienne... Indépendamment du problème de la place de l'art dans une société où la classe moyenne est majoritaire, l'art est en soi distinction. Pour qu'il y ait de l'art, il faut bien qu'il y ait quelque part, quelque chose d'autre qui n'en soit pas, et qui, par négation, permet d'ouvrir un espace de réflexion dans la pratique des œuvres, que celle-ci soit esthétique ou poéitique. Ce qu'on sait de mieux, et de plus juste aujourd'hui sur l'art, c'est ce qu'il n'est pas, ou pas encore.
...réflexion...
10 juin 2008
sur le rythme j'impulse directement l'élan
d'une variation... ou le motif majeur...
à la barre haute des mesures syncopées,
à la cadence imparfaite de mes pensées,
si sensible à la note bleue qui m'entraîne,
je monte à l'unisson le ton de la suite...
je fugue... et à voix haute et claire...
je monte le ton... une note de passage,
et je brise l'harmonie : la litanie reprend,
envolée de répétitions maniaques, ailée
de chromatismes glissants sur la tonalité.
ce que j'aime, impulsivement,
ce sont les sons brefs et rares
des pulsars déchirant le lointain
taciturne de l'espace voilant l'infini...
au plus lent tempo, d'un ton grave
où le rythme disparaît presque,
rendu inaccessible à l'écoute
par sa lenteur, en soi de loin en loin
on entend moins bien battre l'accord,
la traversée de ses vibrations secrètes...
si le corps du son touche l'homme en dedans,
c'est qu'en lui la corde sensible est,
et c'est de cette fréquence,
dont son corps sonne le la,
qu'il sent la vibration et le diapason...
vibrant de désir, il attend là son retour ;
comme une caresse intime,
accompagnée d'un baiser,
les sons prennent toujours des deux côtés,
dedans et dehors, par les os, les oreilles,
et c'est dans l'étau de ce léger déphasage,
dans le respect de cette écoute muette,
que l'homme jouit pleinement d'être là,
caverne sombre où résonne infiniment
l'écho capricieux qui le traverse... aile
transportée : il aime ce qui l'émeut
à l'instant dans le chant du sonore,
à la faveur d'un frisson qui frappe,
à l'arrêt long d'un point d'orgue...
il frémit, la bouche bée molle ;
perdu dans l'intervalle en syncope,
puis c'est un crépitement de perles
baroques, où une seule note se répète,
et dont la modulation, l'intensité varient...
il entre dans la danse : un pied en dehors
— si vite envolé, pas si raisonné, pompette ?
le bref retour du thème... avant l'entrée
des violons dont l'art des sanglots longs
et le tempo vif mais léger ont bons dos,
il flotte sur le sol meuble, qu'à l'unisson
redouble la nappe intense de son octave,
rapport de fréquence à l'acmée hauteur,
qui impulse le retour de la fondamentale
loin des gammes, sous le rythme,
tout près, sous le silence, indéfini,
c'est l'impulsion d'un son qui surgit,
commun corps plein, puis le retour au calme :
une pulsation, qu' il note inconsciemment
et quand ce son revient, alors il le reconnait,
compte jusqu'à deux : et c'est un monologue
où s'impose le temps lisse de la mesure, un
héritage du père manichéen et renaissant, deux
modes blancs de notre musique tonale, trois
gammes exclusives qui l'emprisonnent, quatre
temps, musique tant confondue par la danse,
dont les clés sont des indices, qui laissent
pressentir la suite, puis la fin d'une phrase
et jouir ensuite d'avoir deviné juste ;
la musique s'énonce dans l'énigme,
et l'homme d'instinct parie sur sa résolution...
si elle s'élève enfin à l'accord ludique
de ses pressentiments, son triomphe propre
retentit là dans la succession des notes,
et la musique, qui rythme les souvenirs
de l'homme, en le faisant vibrer,
fait naître son désir malgré lui...
si le silence des temps morts
tempère les bas tons sourds
des bruits de la musique, seul
reste dans le souvenir l'écho
de ses fausses notes furtives...
l'air gai d'une danse macabre
souffle ici-bas, et donne la mesure
que les valses ternes martèlent
en lourdes gouttes à la saveur rosée,
menuets désuets et ritournelles passées...
quand le désir de l'homme porte la musique,
et que sur une impulsion, il se met à jouer
des bruits qu'il produit, de ceux qu'il entend ;
de son sentiment, un seul doigt suffit
à taper le rythme effréné et lancinant...
le métronome rapide et droit, mène
à la baguette cette cadence de machine
aux parfaites notes carrées, bien cadrées
mais l'homme, à côté du temps, joue la note,
et le coup, frappé en arrière, ou en avant,
périodiquement s'évade, avant le retour
à sa place, à temps juste, et juste attend...
pour revenir à la source où une seconde
émerge, et s'élève du socle d'un silence :
la musique y déploie trois espaces
qui sont les trois dimensions du temps
son premier est vertical : c'est d'accord ;
son second se déroule à l'horizon des intervalles ;
et son troisième, son sens obvie et plein,
reste un mystère là où le rythme sien pulse...
...poétrie...
d'une variation... ou le motif majeur...
à la barre haute des mesures syncopées,
à la cadence imparfaite de mes pensées,
si sensible à la note bleue qui m'entraîne,
je monte à l'unisson le ton de la suite...
je fugue... et à voix haute et claire...
je monte le ton... une note de passage,
et je brise l'harmonie : la litanie reprend,
envolée de répétitions maniaques, ailée
de chromatismes glissants sur la tonalité.
ce que j'aime, impulsivement,
ce sont les sons brefs et rares
des pulsars déchirant le lointain
taciturne de l'espace voilant l'infini...
au plus lent tempo, d'un ton grave
où le rythme disparaît presque,
rendu inaccessible à l'écoute
par sa lenteur, en soi de loin en loin
on entend moins bien battre l'accord,
la traversée de ses vibrations secrètes...
si le corps du son touche l'homme en dedans,
c'est qu'en lui la corde sensible est,
et c'est de cette fréquence,
dont son corps sonne le la,
qu'il sent la vibration et le diapason...
vibrant de désir, il attend là son retour ;
comme une caresse intime,
accompagnée d'un baiser,
les sons prennent toujours des deux côtés,
dedans et dehors, par les os, les oreilles,
et c'est dans l'étau de ce léger déphasage,
dans le respect de cette écoute muette,
que l'homme jouit pleinement d'être là,
caverne sombre où résonne infiniment
l'écho capricieux qui le traverse... aile
transportée : il aime ce qui l'émeut
à l'instant dans le chant du sonore,
à la faveur d'un frisson qui frappe,
à l'arrêt long d'un point d'orgue...
il frémit, la bouche bée molle ;
perdu dans l'intervalle en syncope,
puis c'est un crépitement de perles
baroques, où une seule note se répète,
et dont la modulation, l'intensité varient...
il entre dans la danse : un pied en dehors
— si vite envolé, pas si raisonné, pompette ?
le bref retour du thème... avant l'entrée
des violons dont l'art des sanglots longs
et le tempo vif mais léger ont bons dos,
il flotte sur le sol meuble, qu'à l'unisson
redouble la nappe intense de son octave,
rapport de fréquence à l'acmée hauteur,
qui impulse le retour de la fondamentale
loin des gammes, sous le rythme,
tout près, sous le silence, indéfini,
c'est l'impulsion d'un son qui surgit,
commun corps plein, puis le retour au calme :
une pulsation, qu' il note inconsciemment
et quand ce son revient, alors il le reconnait,
compte jusqu'à deux : et c'est un monologue
où s'impose le temps lisse de la mesure, un
héritage du père manichéen et renaissant, deux
modes blancs de notre musique tonale, trois
gammes exclusives qui l'emprisonnent, quatre
temps, musique tant confondue par la danse,
dont les clés sont des indices, qui laissent
pressentir la suite, puis la fin d'une phrase
et jouir ensuite d'avoir deviné juste ;
la musique s'énonce dans l'énigme,
et l'homme d'instinct parie sur sa résolution...
si elle s'élève enfin à l'accord ludique
de ses pressentiments, son triomphe propre
retentit là dans la succession des notes,
et la musique, qui rythme les souvenirs
de l'homme, en le faisant vibrer,
fait naître son désir malgré lui...
si le silence des temps morts
tempère les bas tons sourds
des bruits de la musique, seul
reste dans le souvenir l'écho
de ses fausses notes furtives...
l'air gai d'une danse macabre
souffle ici-bas, et donne la mesure
que les valses ternes martèlent
en lourdes gouttes à la saveur rosée,
menuets désuets et ritournelles passées...
quand le désir de l'homme porte la musique,
et que sur une impulsion, il se met à jouer
des bruits qu'il produit, de ceux qu'il entend ;
de son sentiment, un seul doigt suffit
à taper le rythme effréné et lancinant...
le métronome rapide et droit, mène
à la baguette cette cadence de machine
aux parfaites notes carrées, bien cadrées
mais l'homme, à côté du temps, joue la note,
et le coup, frappé en arrière, ou en avant,
périodiquement s'évade, avant le retour
à sa place, à temps juste, et juste attend...
pour revenir à la source où une seconde
émerge, et s'élève du socle d'un silence :
la musique y déploie trois espaces
qui sont les trois dimensions du temps
son premier est vertical : c'est d'accord ;
son second se déroule à l'horizon des intervalles ;
et son troisième, son sens obvie et plein,
reste un mystère là où le rythme sien pulse...
...poétrie...
07 juin 2008
Venue impromptue, au temps de mon évasion
Événement inattendu, pas si menu...
Une fille ? tout un apprentissage de l'amour !
Son nom lui vient du père qui l'a conçue...
Nous avions convenu de choisir, chacun un
Prénom : celui de l'enfant du sexe opposé
Une fille ? C'est lui qui gagne, il le choisit,
Nom de sa petite amie d'enfance perdue,
Dorothée, nom d'une petite fille, aimée
Dans l'enfance lointaine d'une rêveuse si
Nostalgique, qu'elle se détourne du pouvoir
De ce qui est là, présent au-delà, paupière
De son chant ému, décimée par l'angoisse
Elle a grandi perdue, au milieu d'un vide,
Son père absent, tendant son menton vers lui
Elle l'appelait, accusait sa mère parfois
De l'avoir laissé partir, de l'avoir poussé...
La solitude était là. Qui lui volait son papa ?
Devenue cheval sauvage, elle s'est enfuie...
Pour le retrouver... ce père, qui même de retour,
Est celui qui ne sait, ne fait que lui manquer.
Père blessant sa fille d'indifférence,
À qui la console, fait payer sa dette.
Entre la fille et la mère ce secret :
Les mots ne sortent plus des lèvres, peut-être...
Mais au sein de la vieille, un nœud se forme
Vestige d'un lien intime, petite chose...
À jamais sienne, et juste un peu égarée
J'ai l'espoir que peut-être c'est ensemble que,
Nous fêterons la charmante et ses vingt ans.
...poétrie...
Événement inattendu, pas si menu...
Une fille ? tout un apprentissage de l'amour !
Son nom lui vient du père qui l'a conçue...
Nous avions convenu de choisir, chacun un
Prénom : celui de l'enfant du sexe opposé
Une fille ? C'est lui qui gagne, il le choisit,
Nom de sa petite amie d'enfance perdue,
Dorothée, nom d'une petite fille, aimée
Dans l'enfance lointaine d'une rêveuse si
Nostalgique, qu'elle se détourne du pouvoir
De ce qui est là, présent au-delà, paupière
De son chant ému, décimée par l'angoisse
Elle a grandi perdue, au milieu d'un vide,
Son père absent, tendant son menton vers lui
Elle l'appelait, accusait sa mère parfois
De l'avoir laissé partir, de l'avoir poussé...
La solitude était là. Qui lui volait son papa ?
Devenue cheval sauvage, elle s'est enfuie...
Pour le retrouver... ce père, qui même de retour,
Est celui qui ne sait, ne fait que lui manquer.
Père blessant sa fille d'indifférence,
À qui la console, fait payer sa dette.
Entre la fille et la mère ce secret :
Les mots ne sortent plus des lèvres, peut-être...
Mais au sein de la vieille, un nœud se forme
Vestige d'un lien intime, petite chose...
À jamais sienne, et juste un peu égarée
J'ai l'espoir que peut-être c'est ensemble que,
Nous fêterons la charmante et ses vingt ans.
...poétrie...
— Vous êtes fatigué, vous devriez voir quelqu'un...
— Vous auriez un nom à me conseiller ? Parce qu'avec ces gens-là, c'est pas toujours évident... comment dire... il faut que ça passe entre le médecin et le patient, et c'est pas toujours une chose évidente...
— Vous n'avez qu'à aller à l'hôpital, ils ont là-bas un centre de crise pour les prises en charge de courte durée des urgences psychologiques, c'est parait-il très bien et le bâtiment est tout neuf, ce qui ne gâche rien.
— J'insiste pour que vous ne m'envoyiez pas n'importe où, car, comme vous le savez, je suis un peu fragile en ce moment... je supporterais difficilement de tomber mal...
— Bon... je vais vous envoyer chez le docteur Pirmeurs... je ne le connais pas personnellement mais certains de mes patients m'ont ont dit du bien de lui, vous verrez vous-même.
— Laissez votre message et votre numéro après le bip, le docteur vous rappellera ultérieurement. Beeeeep...
— Docteur Pirmeurs, ici c'est le docteur Létrier. Je vous adresse un de mes patients, monsieur Félix Novella, son numéro est le 06 81 53 41 12. Pourriez-vous lui proposer un rendez-vous assez rapidement ?... clic... Voilà c'est fait. Il va vous rappeler.
— Laissez votre message et votre numéro après le bip, le docteur vous rappellera ultérieurement. Beeeeep...
— Docteur Pirmeurs, c'est Félix Novella. Le docteur Létrier vous a laissé un message, il y a trois jours je crois, en vous demandant un rendez-vous pour moi. Je vous adresse à nouveau cette demande directement, merci de me contacter.
— (par SMS) Pour prendre rendez-vous, veuillez laisser un message SMS au numéro suivant : 06 14 78 77 20 en indiquant vos disponibilités, et je vous rappellerai.
— (par SMS) Je suis assez disponible, proposez-moi une date. Félix Novella. 06 81 53 41 12
— Monsieur Novella ?
— Oui...
— Docteur Pirmeurs à l'appareil... Vous m'avez contacté hier pour prendre rendez-vous avec moi... Je vous propose la date du 19, à 10 heures, ça vous irait ?
— Bien sûr. C'est noté, à 10 heures, le 19.
— Mais qui êtes vous ? Qu'est-ce que vous faites dans ma salle d'attente ? Vous n'êtes pas mon client de 10 heures !
— Justement si, vous m'avez donné ce rendez-vous par téléphone il y a trois semaines... Je suis Félix Novella.
— Je vais vérifier. Suivez-moi. Comment avez-vous dit que vous m'appeliez déjà ?
— C'est mon nom que vous cherchez ? Félix Novella. Avec deux "l".
— Non, je vous vois pas, vous n'êtes pas dans mon agenda... attendez... je me souviens d'avoir reçu un appel d'annulation pour un rendez-vous aujourd'hui, j'avais mal compris le nom, et j'ai dû effacer le vôtre en pensant que c'était vous.
— Vous deviez penser que je n'avais pas besoin de venir vous voir...
— Hum... Bon... Je vois que vous avez le sens de l'humour... j'attends un patient d'une minute à l'autre, je peux pas vous prendre maintenant... et bien je vais vous donner un autre rendez-vous... disons demain, à 9 heures 30, vous seriez libre ?
— Si c'est vraiment pas possible aujourd'hui, tant pis, je reviendrai. Au revoir, docteur, et à demain.
Une fois dans la rue, Félix Novella se retourna une dernière fois vers l'hôtel particulier de style 1900 dont le cabinet du docteur Pirmeurs occupait le rez-de-chaussée et secoua la tête de droite à gauche plusieurs fois, une moue amusée sur les lèvres. Le toubib semblait aussi tordu que l'architecture de son domicile... Un psychiatre qui se confondait avec son patient, et disait "comment m'avez-vous dit que vous m'appeliez" au lieu de "comment m'avez-vous dit que vous vous appeliez", quelle situation cocasse, c'était le monde à l'envers ! ça l'avait complètement déstabilisé on dirait... Et quel air efféminé il avait, avec ses cheveux blonds frisés et ses petites lunettes rectangulaires à monture épaisse et rouge ! Puis cette salle d'attente partiellement fermée par un rideau rouge, avec ces deux seuls sièges : une chaise droite à l'assise paillée et un large fauteuil bas usé en forme de poire, recouvert d'un velours brun chocolat. Le souci du corps... tendu ou détendu, un indice pour le psychiatre de l'état psychologique ou de l'éducation du patient... Rester debout n'y changerait pas grand chose, à part dévoiler sa méfiance, et alourdir ses jambes si l'attente devait se prolonger... Sur un guéridon de métal et de verre, une petite installation d'objets minuscules et joyeux sur un lit de sable blanc. Au mur, face au regard du patient qui avait choisi la chaise, une rangée de photographies dans leurs "marie-louise", saturées de couleurs vives, de parasols et de ballons de plage... Celui qui prendrait place dans le fauteuil serait face au rideau, ne laissant aucune chance au psychiatre de le surprendre en mauvaise posture... Celui qui tend son corps peut s'évader mentalement, et celui dont le corps est détendu garde tout son champ visuel en alerte de dérangement, on sent bien que tout cela a dû être longuement étudié et planifié... Toute une attention au détail des choses visibles et sensibles en général qui pourrait très bien être féminine... Et dire que la séance venait de coûter 75 euros ! Mais les haut-parleurs de la salle d'attente diffusaient doucement un jazz suave et la table basse débordait de bandes-dessinées comiques... Il ne serait pas venu pour rien, finalement ?
Laissant là ses a priori, Félix Novella s'éloigna dans la ville qui s'animait peu à peu. Il prit la décision de profiter de cette matinée libérée pour aller se promener dans les quartiers commerçants, et traversa, pour bifurquer dans la rue perpendiculaire. Lorsqu'il eût passé l'angle et fait quelques dizaines de pas, il sentit monter depuis le fond de son ventre, un immense rire de joie qui librement s'envolait. Et soudain, il s'entendait rire à haute voix, sans pouvoir s'arrêter. Lorsqu'après quelques secondes, il eût repris son souffle, la seule pensée qui lui vint à l'esprit, c'était ça : "Il ne veut pas de moi, il ne veut pas d'un nouveau patient... c'est un peu comme s'il me disait qu'il ne sera pas à mon écoute, et moi, je sens que je n'ai pas besoin de lui... mais je suis perdu... alors bon, je vais essayer quand même, je n'ai rien à perdre... mais le fait est qu'il a effacé mon nom dans son agenda ; je peux choisir d'y voir un signe, ou pas... si je veux... ce doit être un signe, un signe favorable pour moi". Là, son rire retentissait de plus belle dans l'air ambiant, sans qu'il puisse rien y faire, et il était proche à ce moment-là, de penser miracle... Mais ça n'avait malheureusement pas duré : le lendemain matin, à 9 heures 37, le docteur Pirmeurs le faisait sortir de l'ambiance parfumée de sa salle d'attente au design précieux pour le faire entrer dans son cabinet. Et lorsque Félix Novella eût terminé d'expliquer ses attentes et sollicité les conseils du psychiatre qu'il était malgré tout venu consulter, celui-ci déclara d'une voix qui se voulait neutre :
— Monsieur Novella, vous devez vous faire beaucoup d'ennemis... et votre sens de l'humour n'y est certainement pas pour rien... hier, je n'avais pas saisi tout de suite que vous plaisantiez...
Quant à votre problème, il ne sera pas résolu aujourd'hui, il va falloir revenir me voir. Essayez de prendre un peu de distance, et de prendre les choses moins sérieusement, en attendant, peut-être ? ... Et bien, ce sera tout pour aujourd'hui, vous pouvez vous lever...
— ...
— Vous souriez ? Attendez un peu, ne partez pas si vite... vous m'avez donné votre chèque ?
— Vous le tenez dans la main gauche, regardez...
— Il faut bien avouer que ma main droite ne sait pas toujours ce que ma main gauche est en train de faire... Au revoir monsieur Novella.
— Au revoir docteur Pirmeurs, je vous souhaite bon amusement !
...fiction...
— Vous auriez un nom à me conseiller ? Parce qu'avec ces gens-là, c'est pas toujours évident... comment dire... il faut que ça passe entre le médecin et le patient, et c'est pas toujours une chose évidente...
— Vous n'avez qu'à aller à l'hôpital, ils ont là-bas un centre de crise pour les prises en charge de courte durée des urgences psychologiques, c'est parait-il très bien et le bâtiment est tout neuf, ce qui ne gâche rien.
— J'insiste pour que vous ne m'envoyiez pas n'importe où, car, comme vous le savez, je suis un peu fragile en ce moment... je supporterais difficilement de tomber mal...
— Bon... je vais vous envoyer chez le docteur Pirmeurs... je ne le connais pas personnellement mais certains de mes patients m'ont ont dit du bien de lui, vous verrez vous-même.
— Laissez votre message et votre numéro après le bip, le docteur vous rappellera ultérieurement. Beeeeep...
— Docteur Pirmeurs, ici c'est le docteur Létrier. Je vous adresse un de mes patients, monsieur Félix Novella, son numéro est le 06 81 53 41 12. Pourriez-vous lui proposer un rendez-vous assez rapidement ?... clic... Voilà c'est fait. Il va vous rappeler.
— Laissez votre message et votre numéro après le bip, le docteur vous rappellera ultérieurement. Beeeeep...
— Docteur Pirmeurs, c'est Félix Novella. Le docteur Létrier vous a laissé un message, il y a trois jours je crois, en vous demandant un rendez-vous pour moi. Je vous adresse à nouveau cette demande directement, merci de me contacter.
— (par SMS) Pour prendre rendez-vous, veuillez laisser un message SMS au numéro suivant : 06 14 78 77 20 en indiquant vos disponibilités, et je vous rappellerai.
— (par SMS) Je suis assez disponible, proposez-moi une date. Félix Novella. 06 81 53 41 12
— Monsieur Novella ?
— Oui...
— Docteur Pirmeurs à l'appareil... Vous m'avez contacté hier pour prendre rendez-vous avec moi... Je vous propose la date du 19, à 10 heures, ça vous irait ?
— Bien sûr. C'est noté, à 10 heures, le 19.
— Mais qui êtes vous ? Qu'est-ce que vous faites dans ma salle d'attente ? Vous n'êtes pas mon client de 10 heures !
— Justement si, vous m'avez donné ce rendez-vous par téléphone il y a trois semaines... Je suis Félix Novella.
— Je vais vérifier. Suivez-moi. Comment avez-vous dit que vous m'appeliez déjà ?
— C'est mon nom que vous cherchez ? Félix Novella. Avec deux "l".
— Non, je vous vois pas, vous n'êtes pas dans mon agenda... attendez... je me souviens d'avoir reçu un appel d'annulation pour un rendez-vous aujourd'hui, j'avais mal compris le nom, et j'ai dû effacer le vôtre en pensant que c'était vous.
— Vous deviez penser que je n'avais pas besoin de venir vous voir...
— Hum... Bon... Je vois que vous avez le sens de l'humour... j'attends un patient d'une minute à l'autre, je peux pas vous prendre maintenant... et bien je vais vous donner un autre rendez-vous... disons demain, à 9 heures 30, vous seriez libre ?
— Si c'est vraiment pas possible aujourd'hui, tant pis, je reviendrai. Au revoir, docteur, et à demain.
Une fois dans la rue, Félix Novella se retourna une dernière fois vers l'hôtel particulier de style 1900 dont le cabinet du docteur Pirmeurs occupait le rez-de-chaussée et secoua la tête de droite à gauche plusieurs fois, une moue amusée sur les lèvres. Le toubib semblait aussi tordu que l'architecture de son domicile... Un psychiatre qui se confondait avec son patient, et disait "comment m'avez-vous dit que vous m'appeliez" au lieu de "comment m'avez-vous dit que vous vous appeliez", quelle situation cocasse, c'était le monde à l'envers ! ça l'avait complètement déstabilisé on dirait... Et quel air efféminé il avait, avec ses cheveux blonds frisés et ses petites lunettes rectangulaires à monture épaisse et rouge ! Puis cette salle d'attente partiellement fermée par un rideau rouge, avec ces deux seuls sièges : une chaise droite à l'assise paillée et un large fauteuil bas usé en forme de poire, recouvert d'un velours brun chocolat. Le souci du corps... tendu ou détendu, un indice pour le psychiatre de l'état psychologique ou de l'éducation du patient... Rester debout n'y changerait pas grand chose, à part dévoiler sa méfiance, et alourdir ses jambes si l'attente devait se prolonger... Sur un guéridon de métal et de verre, une petite installation d'objets minuscules et joyeux sur un lit de sable blanc. Au mur, face au regard du patient qui avait choisi la chaise, une rangée de photographies dans leurs "marie-louise", saturées de couleurs vives, de parasols et de ballons de plage... Celui qui prendrait place dans le fauteuil serait face au rideau, ne laissant aucune chance au psychiatre de le surprendre en mauvaise posture... Celui qui tend son corps peut s'évader mentalement, et celui dont le corps est détendu garde tout son champ visuel en alerte de dérangement, on sent bien que tout cela a dû être longuement étudié et planifié... Toute une attention au détail des choses visibles et sensibles en général qui pourrait très bien être féminine... Et dire que la séance venait de coûter 75 euros ! Mais les haut-parleurs de la salle d'attente diffusaient doucement un jazz suave et la table basse débordait de bandes-dessinées comiques... Il ne serait pas venu pour rien, finalement ?
Laissant là ses a priori, Félix Novella s'éloigna dans la ville qui s'animait peu à peu. Il prit la décision de profiter de cette matinée libérée pour aller se promener dans les quartiers commerçants, et traversa, pour bifurquer dans la rue perpendiculaire. Lorsqu'il eût passé l'angle et fait quelques dizaines de pas, il sentit monter depuis le fond de son ventre, un immense rire de joie qui librement s'envolait. Et soudain, il s'entendait rire à haute voix, sans pouvoir s'arrêter. Lorsqu'après quelques secondes, il eût repris son souffle, la seule pensée qui lui vint à l'esprit, c'était ça : "Il ne veut pas de moi, il ne veut pas d'un nouveau patient... c'est un peu comme s'il me disait qu'il ne sera pas à mon écoute, et moi, je sens que je n'ai pas besoin de lui... mais je suis perdu... alors bon, je vais essayer quand même, je n'ai rien à perdre... mais le fait est qu'il a effacé mon nom dans son agenda ; je peux choisir d'y voir un signe, ou pas... si je veux... ce doit être un signe, un signe favorable pour moi". Là, son rire retentissait de plus belle dans l'air ambiant, sans qu'il puisse rien y faire, et il était proche à ce moment-là, de penser miracle... Mais ça n'avait malheureusement pas duré : le lendemain matin, à 9 heures 37, le docteur Pirmeurs le faisait sortir de l'ambiance parfumée de sa salle d'attente au design précieux pour le faire entrer dans son cabinet. Et lorsque Félix Novella eût terminé d'expliquer ses attentes et sollicité les conseils du psychiatre qu'il était malgré tout venu consulter, celui-ci déclara d'une voix qui se voulait neutre :
— Monsieur Novella, vous devez vous faire beaucoup d'ennemis... et votre sens de l'humour n'y est certainement pas pour rien... hier, je n'avais pas saisi tout de suite que vous plaisantiez...
Quant à votre problème, il ne sera pas résolu aujourd'hui, il va falloir revenir me voir. Essayez de prendre un peu de distance, et de prendre les choses moins sérieusement, en attendant, peut-être ? ... Et bien, ce sera tout pour aujourd'hui, vous pouvez vous lever...
— ...
— Vous souriez ? Attendez un peu, ne partez pas si vite... vous m'avez donné votre chèque ?
— Vous le tenez dans la main gauche, regardez...
— Il faut bien avouer que ma main droite ne sait pas toujours ce que ma main gauche est en train de faire... Au revoir monsieur Novella.
— Au revoir docteur Pirmeurs, je vous souhaite bon amusement !
...fiction...
06 juin 2008
Au temps, ne pas mentir
Je n'y entends plus rien
Ou comme le monde, lentement
Du fond de mon oreille
Interne
De l'enfance, qui va finir
Je conçois moins bien
Certains faits troublants
Émaux d'un rouge groseille
Pérennes
Autant ne pas s'enfuir
Je sens les liens
De ses bras : des aimants
Qui m'étreignent
Externes
Enfin, ne pas souffrir
De toute façon tu viens
Me bercer : doucement
Tu me veilles
Sereine
Surtout, ne pas sortir
De ce que je tiens
Tant et si bien que tant
Que les autres feignent
Je domine
Me forcer à dormir
Encore, n'y changera rien
Je n'attends pourtant
Plus que vienne mon miel
Je raffine
...poétrie...
Je n'y entends plus rien
Ou comme le monde, lentement
Du fond de mon oreille
Interne
De l'enfance, qui va finir
Je conçois moins bien
Certains faits troublants
Émaux d'un rouge groseille
Pérennes
Autant ne pas s'enfuir
Je sens les liens
De ses bras : des aimants
Qui m'étreignent
Externes
Enfin, ne pas souffrir
De toute façon tu viens
Me bercer : doucement
Tu me veilles
Sereine
Surtout, ne pas sortir
De ce que je tiens
Tant et si bien que tant
Que les autres feignent
Je domine
Me forcer à dormir
Encore, n'y changera rien
Je n'attends pourtant
Plus que vienne mon miel
Je raffine
...poétrie...
01 juin 2008
je reconnais ma nature,
je suis une des formes de l'énergie.
j'ai la force d'attraction : je récolte,
j'ai la force d'expansion : je distribue...
ma lumière brille parmi les lumières,
les autres sont là, aussi...
j'accepte de me laisser guider dans l'esprit
par l'élan, et de me faire à son pli.
je suis la coupe et le passage, je catalyse :
je suis une des veines de l'esprit.
lorsque je ne retiens rien, alors j'expie,
lorsque je crée, alors, tout se transforme,
car, il n'y a rien d'autre que l'uni-vers...
...poétrie...
je suis une des formes de l'énergie.
j'ai la force d'attraction : je récolte,
j'ai la force d'expansion : je distribue...
ma lumière brille parmi les lumières,
les autres sont là, aussi...
j'accepte de me laisser guider dans l'esprit
par l'élan, et de me faire à son pli.
je suis la coupe et le passage, je catalyse :
je suis une des veines de l'esprit.
lorsque je ne retiens rien, alors j'expie,
lorsque je crée, alors, tout se transforme,
car, il n'y a rien d'autre que l'uni-vers...
...poétrie...





