30 mai 2008
d'éclats d'émotion minuscules...
colère rentrée, rien n'est plus doux ou fou.
il faudrait observer de loin, avec le recul
sur la petite ligne étroite, longue, vide, où
le temps mène à l'abandon les choses tues ;
le point du jour voit parfois
le règne nouveau, qui stimule
la soif de l'homme sans garantie
de satisfaction, de plaisir ou de jouissance...
tant va le temps...
les remémorations effacent
du souvenir le désir plein
des heures tendres...
dans le désir vain,
né des heures de l'attente,
la fin n'est pas un terme,
c'est une perspective,
où l'objet, enfin, fait face :
la cible visée, je reste en désir,
riche d'une enfance tardive...
je vois venir l'approche de l'autre,
la tentation... d'une partie de plaisir...
retomber dans l'enfance...
intérêt restreint pour
les feints sourires séducteurs,
sous la faim infinie
de lourdes étreintes immobiles,
je tremble doucement
à la pression du frein froid,
qui contraint les corps et
les monologues unis à cœur,
le sein chaud écrasé
sur la poitrine nue, en émoi,
la paupière se ferme
sur l'iris gris-peur et,
dans ces bras qui m'enserrent,
quelquefois... ce sont d'anciens corps...
ces fantômes fugaces...
au temps de la vieillesse,
les rencontres sont virtuelles...
...poétrie...
28 mai 2008
MYSTERY TRAINS
Analyse de Photographie :
(sans titre) Wang NINGDE (2003)

En 2003, le magazine « Connaissance des Arts » consacrait un dossier à l'art et à la société chinoises. Une photographie en noir et blanc de Wang Ningde avait été publiée dans ce numéro. Elle ne portait pas de titre et bénéficiait d'une assez large place dans la mise en page. Le rapport de ses dimensions dans cette publication (18,15 x 13,9 cm) est de 1,305... On peut donc penser que si la pellicule utilisée était au format 24 x 36 (rapport de 1,5), et que l'éditeur a respecté le format de la photographie de Wang Ningde, cette photographie a été recradrée. Or, cet éventuel recadrage de la photographie au moment du tirage ne peut qu'attirer l'attention sur la question de la composition et/ou de l'organisation du cadre.
Dans une échelle de cadrage correspondant au demi-ensemble, en contre-plongée marquée et à contre-jour, la lumière tombe assez durement, comme cela peut être le cas en fin de matinée ou en début d'après-midi, lorsque le soleil est à une trentaine de degrés du zénith. Au centre d'un couloir formé par deux voitures de chemin de fer fuyant à l'infini, se trouvent un homme et un enfant, de dos, immobiles dans les herbes hautes, qui semblent fixer l'horizon. À gauche, l'homme masque le point de fuite des trains, et ce qu'il regarde est ainsi mis hors-champ. Sa tête couverte se détache sur fond de ciel ; il se tient les bras ballants et ne fait aucun geste en direction de l'enfant, à droite, qui s'est arrêté un pas derrière lui, la manche de son tee-shirt se détachant sur le fond sombre de la veste de l'homme. L'enfant quant à lui reste droit, les bras le long du corps, et regarde devant lui, tout comme le fait l'homme.
La composition est plutôt statique et met l'accent sur la géométrie de l'image, constituée de quatre triangles emboités (cet équilibre de la double-symétrie est le fondement géométrique de sa staticité). Les deux voitures de voyageurs parallèles forment deux masses noires triangulaires et symétriques, occupant toute la hauteur des limites latérales du cadrage. La partie inférieure s'ouvre sur un long couloir en friche, d'une valeur de gris moyen et dans la partie supérieure, un ciel un peu nuageux, de valeur claire, où semble percer, dans le lointain, une éclaircie, s'échappe. Au centre de la perspective, un peu décallé à gauche du centre, se situe l'homme, dont le torse et la nuque coiffée pénêtrent verticalement la zone du ciel. Il est vêtu de sombre : son ensemble veste et pantalon évoque un costume Mao. À côté de lui, dans un large tee-shirt à fines rayures ou zigzags contrastés, correspondant davantage à la mode occidentale, l'enfant, plus petit que l'homme, reste dans la zone définie par l'angle de fuite des voitures de voyageurs.
Bien que l'effet de perspective rendu par la photographie soit important, la profondeur de champ est quant à elle réduite : la mise au point a été faite sur l'homme et sur l'enfant, mais de part et d'autre, les herbes du premier plan, et les voitures de voyageurs au-delà de l'homme sont légèrement floues. Cette différence est cependant minime, elle ne peut être considérée comme significative. La perspective de l'image laisse à penser que l'objectif utilisé pourrait être un grand angle ; les conditions d'exposition en contre-jour imposent l'idée d'une assez grande ouverture de diaphragme, ce que confirme le léger grain des tons sombres et le niveau de détail réduit de la photographie dans l'ensemble.
Le photographe, au moment de prendre cette photographie, s'est vraisemblablement agenouillé à une certaine distance derrière l'homme. Plus proche, comme lui, du train de gauche, dont l'angle de fuite est très aigü et dont nous pouvons voir plusieurs voitures, que de celui de droite dont nous n'en voyons qu'une. Cette ligne qui fait logiquement coïncider, le point d'observation (la prise de vue), le point de fuite, et le regard de l'homme derrière lequel le photographe s'est placé, ne rend qu'imparfaitement compte de ce qui se joue. Car l'horizon de l'homme photographié et celui du photographe diffèrent : l'un regarde devant lui et l'autre regarde en l'air... et dans le même temps ces horizons sont tous les deux masqués, l'un par l'homme, l'autre par le ciel. Le regard, dans les deux cas, forme une image limite - le point de fuite, le ciel-, qui rend tout autant compte des limites de la vision humaine, que de l'infinitude de ce qui reste encore à découvrir. À l'horizon, pour l'homme, et dans l'infini que le ciel masque au photographe, c'est la question de l'espoir, et du désir qui se manifeste.
Si l'enfant n'a pas été placé au centre de la perspective -qui dépend de la position de l'observateur-, il a pourtant été replacé au centre de la photographie, au moment du développement, par recadrage. La photographie de Wang Nindge se compose donc d'un centre double : le centre de la perspective, occupé par l'homme, et le centre de l'image, par l'enfant. Disjoints par l'opération du recadrage, ils se font écho et renvoient à une schize, à une fracture des points de vue dans l'image. Le photographe a lui-même fait l'expérience de cet écart, lors d'un second regard, à distance dans le temps, après la prise de vue, et c'est même de cette seconde « lecture » de la photographie que le recadrage vient témoigner. À moins que l'ensemble de l'opération -incluant la modification du centre de la photographie- n'ait d'emblée été prévu par Wang Ningde, mais cela ne ferait que renforcer ici l'importance du double centre.
Le nombre des éléments qui composent l'image est restreint. Outre les deux personnages, qui n'occupent qu'une petite partie de la surface, les voitures de chemin de fer, qui en occupent la plus grande part en deux fragments disposés en miroir, il n'y a rien d'autre que le ciel -qui prend une place importante, en haut, en raison de la hauteur du point de vue- et les herbes folles, en bas, au premier plan de la photographie. Une certaine tendance à la raréfaction peut être perçue dans le cadrage, mais l'image peut aussi procurer une sensation d'étouffement. La lumière contrastée qui tombe sur les masses noires des voitures en contre-plongée et l'effet de tunnel de la perspective, ne sont probablement pas étrangers à cette impression que peut avoir le regardeur d'être « guidé » dans, et par l'image.
L'œil s'oriente naturellement vers les deux personnages, dans la zone centrale du cadrage, à la confluence des lignes de fuites des voitures de voyageurs et à la faveur du contraste sombre sur fond clair de la silhouette de l'homme, pour s'apercevoir que l'horizon lui-même reste invisible, maintenu hors-champ par la silhouette de dos qui s'y superpose. Le regard revient logiquement vers le centre et vers l'enfant, se cogne aux bords du cadre dans les masses noires des voitures de chemin de fer. Fuyant le ciel grand et vide, cherchant une issue dans les herbes qui envahissent le sol, on remarque bientôt deux détails qui peuvent nous étonner. D'une part, les herbes du premier plan, qui nous séparent des deux personnages, ne semblent pas avoir été foulées. D'autre part, toutes les portes visibles des voitures sont closes. Comment les deux personnages sont-ils arrivés jusque-là ? Le premier élan devant l'énigme qui se présente est souvent de tenter de la réduire à une quelconque banalité, et l'on pourrait être tentés de résoudre celle-ci par la révélation de la mise en scène de la photographie. Il importe en effet, de déterminer si la photographie se propose d'être le témoin ou la représentation du réel, mais cette mise en évidence du dispositif de prise de vue ne peut aucunement prétendre résoudre définitivement la question. Il s'agit de réussir à mettre à jour ce que cette énigme même produit dans l'image, et non pas de retrouver la recette de sa fabrication.
Remarquons que les trains qui obstruent les bords du cadre ne sont pas d'un modèle très récent, même pour un pays comme la Chine dont la lenteur des transports ferroviaires est réputée. Les trains chinois n'ont donc pas tous le même « standing » selon les itinéraires qu'ils parcourent, et selon la population qui les utilise, c'est-à-dire selon sa visibilité sociale. Si les deux extrêmes chinois semblent plus éloignés que ceux de nos propres normes, la France des chemins de fer présente aussi ce genre de disparité. En France cependant, les rames les plus anciennes encore en circulation et à l'usage des voyageurs, ne sont pas âgées, à ma connaissance, de plus d'une petite cinquantaine d'années. Les trains que nous voyons sur la photographie de Wang Ningde sont manifestement plus anciens... ils évoquent les trains occidentaux de la première moitié du XX°siècle... Ces deux trains semblent dire qu'en Chine, certaines parties du territoire vivent encore dans un autre temps... loin de l'image que ses gouvernants veulent donner de leur pays.
Ces trains sont à l'arrêt et les fragments du ciel qui se reflètent dans les vitres créent un effet rythmique. Les vitres plus ou moins ouvertes forment des encadrements aux formats variés, et les reflets du ciel qui s'y fragmentent évoquent indirectement la multiplicité des « lectures » d'une image à l'horizon manquant. Autant d'images possibles pour envisager ce que fixent nos deux personnages, et que nous ne voyons pas. Il semble que cette lacune soit en réalité un bienfait pour la photographie, car en y introduisant ce principe d'incomplétude, elle nous autorise à y entrer en pensée. Ne pouvant savoir, en raison du point de vue, de dos et en contre-plongée, ce que regardent les personnages, notre attention doit se reporter sur leur action même : la contemplation. Ce verbe semble plus juste que le verbe regarder, car on en vient à penser, tout aussi irrationnellement que facilement, que les deux personnages sont là, regardant l'horizon, depuis déjà une éternité -comme si les herbes avaient eu le temps de se redresser et de repousser après leur passage... pour donner une lecture plus poétique que réaliste de la photographie.
Ce qu'ils regardent n'a donc pas tant d'importance (dans sa singularité) que le fait même qu'ils soient en train de fixer l'horizon. Ce geste a du sens en soi. C'est le geste qu'on fait lorsqu'on cherche à voir venir ce qui nous attend plus loin sur la route. Et c'est un geste qui évoque toujours un peu plus l'espoir que l'inquiétude car, comme le disait la comtesse de Ségur, après la pluie vient le beau temps. De fait, les nuages légers qui encombrent le ciel dans le haut du cadrage ont tendance à s'espacer de plus en plus vers l'horizon, laissant entrevoir que le temps qui vient sera plus clément.
En attendant, les herbes folles qui cachent le bas des jambes de nos personnages nous raconte une autre histoire. Où sont donc arrêtés ces trains ? On ne trouverait sûrement pas dans une gare des herbes si hautes entre deux voies... Faut-il donc que ces deux trains soient arrêtés en pleine campagne pour que le terrain soit dans un tel abandon ; un endroit si reculé, qu'on n'éprouve pas le besoin de l'entretenir... Et quelle raison peut-elle pousser le conducteur d'un train, et à plus forte raison de deux trains, à faire un arrêt dans un endroit pareil ? C'est parce qu'il y a deux trains, simultanément à l'arrêt, qu'il faut éloigner l'hypothèse d'une panne de machine et donc d'un dysfonctionnement isolé du système des chemins de fer chinois. En effet, il faudrait un dysfonctionnement plus global pour immobiliser plusieurs trains en même temps. Un encombrement des voies peut être à l'origine d'une immobilisation générale du trafic ferroviaire mais il peut également s'agir d'un problème de signalisation, c'est-à-dire d'un problème de coordination des différents horaires et itinéraires des trains. C'est l'organisation même des réseaux de communication qui est ici défaillante.
Il ne faudrait qu'un pas pour y déceler une critique politique. Cette immobilisation simultanée des trains pourrait renvoyer aux ralentissements de la politique d'occidentalisation de la Chine communiste. Les Chinois ne bénéficieraient pas des moyens adéquats -les trains sont paralysés et de facture ancienne- pour envisager l'avenir que leurs dirigeants leur promettent, car ces moyens sont dépassés, historiquement et technologiquement.
Les deux personnages ne sont pas à bord d'un des deux trains -les portes en sont pareillement closes-, ils errent entre les deux. Le pays ne se serait-il pas encore prêt à prendre un nouveau départ ?
Tout est là pourtant dans l'image, qui dit à quoi ressemblent les rêves d'avenir de la jeune génération : le tee-shirt « rayé » de l'enfant met en évidence ce désir d'occidentalisation. L'homme, plus âgé, porte encore un costume Mao. Il n'a donc pas encore renoncé à l'idée d'une Chine communiste, et il en porte les couleurs. L'horizon que ces deux-là contemplent côte-à-côte n'a vraisemblablement pas la même saveur... Fascination d'un inconnu infiniment désirable pour l'enfant, peut-être n'est-elle qu'amertume pour celui pour qui les lumières de l'occident ne sont rien d'autre que la beauté d'un ancien diable. Peut-être qu'au contraire, l'homme est impatient de voir et de décider lui même ce qu'il pense du capitalisme. Mais qui pourrait dire ce que pensent ces ceux-là ? De par le choix du point de vue, Wang Ningde, met l'accent sur l'espoir plus que sur la forme que prend celui-ci. Cet horizon a pourtant un lieu : il se situe au point de convergence des lignes de fuite de deux trains de voyageurs. Or, les chemins de fer se différencient de la plupart des autres moyens de transport. L'avion et le bateau se dépaçent librement, et l'automobile, quant à elle, ne limite ses itinéraires à des routes dont le tracé est fixé que par convention pour le confort de la conduite. Le chemin de fer se caractérise par le dispositif des rails qui définit le tracé du parcours entre deux points différents du territoire. Un train ne peut quitter les rails. Rester sur le rail est la première condition pour que le train puisse avancer. Dans la photographie, nul déraillement n'est visible. Les trains semblent être restés sur la ligne qui avait été définie pour eux, ils n'ont pas déraillé, mais pourtant n'avancent plus.
Ceux qui n'aiment pas prendre le train lui reprochent principalement sa rigidité, à la fois d'horaires et de parcours. Une fois installé dans un train qui va dans une direction précise, il est trop tard pour changer d'avis et repartir dans l'autre sens. C'est peut être aussi un peu dans ce sens que s'insinue doucement la critique : comme si l'avenir que contemplent à l'horizon cet homme et cet enfant concernait leur peuple tout entier, dont l'avenir est une future Chine libéralisée. Or, c'est un avenir contraint : il est le fruit de volontés politiques gouvernementales auxquelles le peuple chinois est soumis.
De fait, cet avenir chinois semble inscrit d'une autre manière, en creux dans l'image. Le couple de l'homme et de l'enfant met en avant la notion de génération, et dans cette optique, force est de constater la domination masculine. Il n'y a pas de femme dans cet héritage...
Si la politique des naissances instaurée par le gouvernement chinois a correctement rempli ses fonctions de limitation de la population globale, elle a entrainé un grave déséquilibre dans la répartition des sexes. En effet, la tradition chinoise privilégie les enfants mâles, qui sont les héritiers des familles, les filles rejoignant en se mariant la famille de leurs époux. La naissance d'une fille est de fait une perte virtuelle pour la vieillesse de ses parents... La naissance d'un garçon, quant à elle, constitue la promesse d'un soutien pour les vieux jours et le gain d'une belle-fille...
La limitation à un seul enfant par famille a eu pour conséquence la multiplication des avortements, des abandons et des morts en bas âge des enfants de sexe féminin. Il me reste en mémoire une photographie des années 90 qui donnait à voir un petit cadavre dans un caniveau, au bord d'un trottoir fréquenté d'indifférence...
L'absence de femme dans la photographie de Wang Ningde renvoie à cet aspect particulier de l'avenir chinois en posant la question de la famille, de sa composition. Le poète pensait que la femme était l'avenir de l'homme. Et c'est d'elle peut-être, que les chinois attendent le retour, ou espérent la réapparition... À l'horizon manquant de l'image, prend naissance une interrogation : quelle est et quelle sera la place de la femme dans la société chinoise, cette femme dont la photographie révèle la virtualité ? S'il n'y a pas de fille aujourd'hui, il n'y aura pas d'amante demain, et pas de mère ensuite... La paralysie de la Chine semble ici décrite comme une conséquence de la réduction des naissances, et la photographie de Wang Ningde dont la dimension esthétique domine, m'apparaît comme une rêverie politique critique, une invitation à la question de l'identité chinoise.
...analyse de photo...
27 mai 2008
La maladie se répandait. Certains cyniques la transmettaient volontairement et laissaient de petits mots à leurs victimes pour les informer de leur séropositivité, et les féliciter d'avoir rejoint le club. Un film de fiction avait été fait, racontant l'histoire réelle de l'acteur réalisateur du film. Il ne se souvenait plus de ce que ça racontait, mais il y avait une histoire d'amour avec une fille, donc ça sortait le truc du ghetto de l'homosexualité. Les hétéros n'avaient qu'à bien se tenir, à faire gaffe, eux aussi. Le réalisateur avait à son tour fini par mourir, et on n'en parla bientôt plus.
Pourtant la maladie sévissait. Les publicités pour les préservatifs se multipliaient. Les campagnes de lutte contre la maladie. Les appels au don. Le spectacle des malades, immédiatement reconnaissables dans les rues des villes, dans les espaces publics, où on ne pouvait les éviter. Les gens avaient peur d'être contaminés. Sachant qu'on ne guérissait pas de la maladie, beaucoup se disaient qu'on ne savait pas tout sur les moyens de transmission, mais c'était faux. Beaucoup ne voulaient pas boire dans le même verre que les porteurs du virus. D'autres refusaient tout contact physique. Rares, quelques uns pensaient que le virus flottait dans l'air autour du malade, et ne voulaient pas s'approcher à moins de quelques mètres.
Il se souvient qu'il connaissait quelqu'un d'autre touché par la maladie. Bernard, un des garçons avec qui il avait fait ses études, les avaient quittés en pleine année universitaire. Ce n'est qu'à sa mort que l'on avait su qu'il était malade. Des bruits avaient couru à l'époque, expliquant son éternel célibat. Une solitude qui intriguait, car Bernard était plutôt joli garçon. Du coup, certains pensaient qu'il en était, mais pratiquement personne n'en parlait. Les homosexuels commençaient à peine à prendre la parole en France, mais ils n'avaient pas encore la reconnaissance qu'ils ont aujourd'hui. Personne n'a d'ailleurs jamais rien su pour Bernard à ce propos. Ni comment il avait attrapé la foutue saloperie, ni s'il était homo ou ne l'était pas.
Il n'était pas là non plus au moment de la mort de Bernard, d'autres lui avaient raconté. Il n'avait jamais vu sa dépouille et, dans un sens, ça lui avait permis d'éviter d'affronter la réalité de sa mort. Il se contentait de se dire qu'il ne l'avait pas vu depuis un bout de temps, et que c'était probablement définitif, mais il ne pensait jamais à la mort de Bernard en elle-même.
Merde, alors Olga aussi en était morte. Il savait qu'elle était malade, il aurait dû le prévoir, s'y préparer. Maintenant il se trouvait là, comme un con, à devoir gérer la nouvelle sans filet.
Il se souvenait bien sûr, de la conversation au cours de laquelle Olga lui avait appris qu'elle était touchée. C'était une conversation comme il y en avait eu tant d'autres, lorsqu'ils prenaient un café ensemble le matin, et qu'Olga revenait de l'école primaire où elle avait conduit sa fille Charlotte. Il avait appris en plusieurs épisodes, qu'Olga s'était rapidement séparée du père de sa fille mais que celle-ci le voyait régulièrement aux vacances scolaires, son éloignement ne lui permettant pas de la prendre tous les week-ends. Il savait aussi qu'elle avait eu quelque temps pour amant, l'un de ses vieux professeurs, un taciturne qu'il avait connu, et apprécié. Il ignorait pourtant ce qui les avait séparés, et avait ce matin-là, interrogé Olga. Elle lui avait simplement répondu qu'ayant découvert sa séropositivité à l'occasion d'une banale prise de sang, elle avait résolu de téléphoner à tous les anciens amants qu'elle avait eu depuis la naissance de sa fille, pour les prévenir, et les encourager à faire le test HIV. Elle espérait trouver celui d'entre eux qui l'avait contaminé. Elle avait espéré trouver à la fois l'origine de sa maladie, et limiter sa propagation. Fort heureusement, tous avaient été épargnés... Mais elle n'en savait guère plus. Son vieux professeur était son amant du moment, elle le mis au courant. Face à cette révélation, il n'avait rien pu faire d'autre que la regarder, sans rien dire... Ensuite, il ne chercha jamais à la contacter et elle ne le revit pas. Il se souvient avoir condamné l'attitude du vieux professeur, en écoutant le récit d'Olga. Aujourd'hui, il ne savait plus très bien qu'en penser. Le vieil homme avait dû avoir peur. Comme beaucoup d'autres gens dans la même situation.
Quant à lui, il avait quand même du mal à se déclarer satisfait de sa propre vie. Ce n'était qu'une piètre consolation pour lui d'avoir survécu. Ce n'était même pas une victoire sur la mort, qui était toujours là, tout autour et qui l'enserrait.
Il faudrait déjà qu'il croie en quelque chose comme un Dieu, ou un quelconque Paradis... Il aimerait y arriver, parfois. Mais quand l'idée lui traverse l'esprit, il n'y a rien qui vient. Il reste sur ses gardes. Il attend que la foi le ravisse, mais rien ne se passe. Il soupçonne parfois qu'il ne s'y prend pas bien, mais ne voit pas comment faire autrement... donc, ça ne vient pas. Et régulièrement, il oublie son désir enfantin de croyance. Mais un nouvel échec lui souffle bientôt à nouveau cette idée. Il essaye alors de méditer. De faire le vide... Une fois, il arrive à visualiser l'intérieur de son cerveau comme une irradiation. Il est épuisé à force de s'être concentré sur le rythme de sa propre respiration. Son corps est à la tendu, et mou : il n'a rien senti de transcendant dans cette expérience, qui l'a juste fatigué. Il abandonne, avec l'idée qu'il n'est pas capable de méditer, et renonce à ce type de spiritualité.
Olga est morte à présent. Olga qui croyait qu'on devrait revenir et revenir s'incarner des tas, et des tas de fois sur cette terre. Elle était peut-être bouddhiste ou un autre truc dans le genre, mais il n'en est pas sûr. Il avait toujours trouvé Olga irrationnelle, mais elle avait une imagination débordante.
Après avoir découvert sa séropositivité, elle était restée seule un moment avec sa fille Charlotte, et c'était le cas quand il l'avait rencontré. Un matin, au café, elle lui annonça qu'elle avait rencontré quelqu'un. Inquiet, il lui avait tout de suite demandé s'il savait... pour la maladie... Elle lui avait répondu que oui, qu'elle lui en avait parlé.
Un peu plus tard, elle parla de sa pilule, à propos d'une frayeur qu'elle avait eue à la suite d'un oubli répété, et de son soulagement, le mois suivant, de constater qu'elle n'était pas enceinte... donc son amant ne se protégeait pas... elle avait consciemment contaminé son nouvel amour. Et ils trouvaient certainement tous les deux ça très romantique... En était-il mort lui aussi ? Était-il encore avec elle au moment de son décès à elle ? Qu'était devenue Charlotte ? Quel âge pouvait-elle avoir lorsqu'elle avait perdu sa mère ? Elle était sûrement retournée chez son père, ça ne pouvait guère se terminer autrement... une grand-mère, peut-être.
Il regrettait sincèrement d'avoir manqué les funérailles d'Olga, et en même temps, il en était presque soulagé. Il n'avait jamais tellement aimé les enterrements. Sa mémé le traînait souvent dans ce genre de cérémonies, et il avait eu son compte avec la mort, dans son enfance. La vieille femme n'aurait manqué un enterrement pour rien au monde, et rien ne lui était plus plaisant spectacle, que cette vision plongeante, sur le cadavre encadré du cercueil molletonneux et ouvragé. Enfant, il avait horreur de ça. Pourtant, choisissant un détail qui ne l'effrayait pas, il fixait longuement le mort, sans fermer les paupières, jusqu'à ce que ses yeux se mettent à pleurer. Là, les larmes semblaient forcer le cadavre à bouger, ce qui lui faisait toujours peur, mais vite, sa vue se troublait et il ne voyait plus rien de défini, juste des masses floues de couleurs. Quand il pleurait, sa mémé le poussait toujours à aller l'attendre à l'extérieur. Marchant rapidement vers la porte menant au parvis, elle l'accompagnait en le guidant dans le dos, du plat de sa main, tout un plaçant de l'autre l'index sur ses lèvres pour lui faire faire silence. Il avait mis longtemps, avant de comprendre qu'il pouvait se servir de la crainte que sa grand-mère avait de déranger dans un enterrement. Il lui fallait faire profil bas, puisqu'elle n'avait rien à faire là. Elle se doutait peut-être de quelque chose, à le voir si souvent en pleurs devant des morts qu'il n'avait pas connus. Mais elle n'avait jamais rien laissé paraître, et avait continué de l'emmener partout avec elle, à chaque fois qu'elle en avait eu l'occasion.
Il était bien content, de ne pas avoir vu Olga allongée dans son cercueil. D'ailleurs, la maladie dont elle était morte avait dû beaucoup la changer, il ne l'aurait peut-être pas reconnue...
Il s'étonne d'avoir appris la mort d'Olga ici, si loin des lieux où il l'avait connue. La nouvelle aurait-elle trouvé un écho différent dans un autre espace ? Mais c'est ici, et maintenant, qu'il vient de le savoir : quelle nouvelle... Dix ans ont passé dans l'ignorance de cette disparition... pas même un pressentiment... et maintenant quelque chose comme du remords... Il n'avait rien senti, aucun signe, aucune intuition.
Il va lui falloir continuer avec cette donnée supplémentaire : Olga n'est plus ici. Est-elle quelque part ? Il ne sait pas. Elle n'est plus. Sa mort lui paraît-elle insupportable ? Non, elle lui semble assez douce, elle ne lui fait pas si mal, bizarrement. En réalité, il y avait longtemps qu'il n'avait pas vu Olga, qu'ils ne s'étaient pas même parlé au téléphone. Et il lui semblait l'avoir perdue, depuis un temps plus long déjà, que la courte période pendant laquelle il l'avait fréquentée. Sa peine était grande, à l'idée qu'elle ne vivait plus, et que ça n'avait strictement rien changé à son propre quotidien. Il avait pourtant été assez proche d'Olga un temps. Elle lui avait rendu le service de l'héberger, pendant une période difficile après une séparation et, ils avaient eu alors de nombreux échanges, qui les avaient rapprochés.
Quand il avait quitté la ville, il n'avait pas pris la peine de prendre régulièrement de ses nouvelles, et il le regrettait. L'annonce de la mort d'Olga lui offrait à nouveau l'occasion de constater qu'il manquait de "bons sentiments", comme disait sa mémé. Il ne pensait pas très souvent à contacter ceux qu'il ne voyait pas. Il pensait à eux, évidemment, mais se contentait d'y penser. Et s'il avait parfois l'impérieux désir de savoir ce qu'ils étaient devenus, les cherchait, les trouvait même parfois, mais ne leur parlait jamais, ne leur écrivait pas. De crainte qu'ils n'aient changés, ou qu'ils ne lui plaisent plus, peut-être. Il avait peut-être peur, aussi, que ce soit réciproque.
Il se souvenait de temps à autre de ses années d'études, de ses amis d'alors et de ce qu'ils avaient étés pour lui, des rôles qu'ils avaient joués dans sa vie. Olga n'était pas celle à qui il pensait le plus souvent, parmi eux. Elle avait fini ses études depuis plusieurs années, était plus âgée... et elle était une femme, il était un homme... chacun d'eux souhaitant que leurs rapports ne soient rien d'autre qu'amicaux... Il y avait d'autres fantômes du passé qui se faisaient, avec le temps, un peu plus menaçants à son égard.
Il n'avait jamais blessé Olga, pensait-il. Et Olga ne l'avait jamais laissé tomber quand il avait eu besoin d'aide. Il pensait à elle avec plaisir, quand il se sentait bien, et elle représentait pour lui la solidarité humaine, la gentillesse, et puis aussi la Victime, seule avec sa fille, et abandonnée par son amant à l'annonce de sa séropositivité. Toutes ces années, il n'avait jamais pensé à elle que comme à une sorte de sainte. Ce qu'objectivement, elle n'était pas. Elle avait bien attrapé le virus, quand même. Une seringue partagée ou usagée, quelque chose dans le genre. Elle avait été sous dépendance quelque temps, avant de tomber enceinte, et la vieille histoire avait tout simplement refait surface. Elle s'était dopée un jour, ce qui n'était pas reluisant, mais elle s'en était sortie. C'était aussi pour ça qu'il lui vouait une admiration sans bornes. Tous pensaient qu'elle avait vaincu la drogue, mais ce n'était pas vrai : le ver était dans le fruit, et ne se voyait pas.
Il avait beau s'en vouloir de ne pas avoir revu Olga ces dernières années, il savait que cela n'aurait rien changé. Il n'aurait rien pu faire pour la soulager, et aurait lui-même souffert de son agonie. Il pensa un instant à ce que la petite Charlotte avait dû vivre. Il se revit enfant, et imagina sa propre mère, transformée en zombie glissant sans bruit dans la maison sombre. Il chassa cette vision. Pour Charlotte, ça avait forcément été atroce, et douloureux. Avait-elle trouvé le corps ? Ou bien Olga avait-elle passé ses derniers instants à l'hôpital, attendant la venue de la mort les yeux grand ouverts, ou avait-elle été surprise par l'événement dans sa vie quotidienne ? De quoi enfin, était-elle morte, car ce n'est pas du sida que les gens meurent, mais de toutes sortes d'autres maladies anodines...
Il ne savait rien de la mort d'Olga, à part le fait de sa mort elle-même. Et il n'avait personne à qui poser les questions qui lui venaient aux lèvres, et au cœur... celui qui lui avait appris l'événement ne savait rien d'autre que ce qu'il lui avait déjà dit. C'était déjà quelqu'un d'autre qui lui en avait parlé, et qui n'avait pas lui-même assisté aux obsèques. L'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours n'a pas entendu son cri...
Il ne pouvait s'empêcher de penser que c'était une drôle de chose que d'apprendre la mort d'Olga plus de dix ans plus tard, alors que les progrès de la trithérapie sont tels, que l'on n'entend pratiquement plus parler du sida, et que la recrudescence des grossesses involontaires, montre que personne ne se protège plus vraiment sérieusement...
Olga et tous les autres sont donc en partie morts pour des clous, parce que ce qui les a tué ne fait plus peur à personne. Pas même vraiment à lui... au fond, quand il y pense...
...fiction...
22 mai 2008
Cake Carottes-Cheddar
gâteau salé

Ingrédients :
- 500 g de carottes
- mélange d'épices indiennes
- 1 c. à soupe d'huile d'olive
- 250 g de farine blanche
- 1 sachet de levure chimique
- 2 œufs entiers
- 2 c. à soupe d'huile de noix
- 20 cl de lait
- sel, poivre
- 70 g de Cheddar en dés
Protocole :
Battre les œufs entiers, saler et poivrer, ajouter la farine et la levure, puis l'huile et le lait et mélanger jusqu'à obtenir une pâte homogène. Incorporer les carottes cuites et le Cheddar en dés.
Verser la pâte dans un moule à cake et cuire à four chaud (6) pendant 35 min.
Le cake peut être consommé chaud ou froid.
...recette...
Gâteau au chocolat
fraises et pignons de pin
amélioration de l'ordinaire
Ingrédients :
- 3 œufs entiers
- 80 g de sucre blanc en poudre
- 250 g de farine blanche
- 1 sachet de levure chimique
- 2 c. à soupe d'huile de noix
- 20 cl de lait
- 100 g de chocolat pâtissier praliné
- 50 g de chocolat noir à 70 %
- 1 poignée de pignons de pin
- 1 poignée de fraises séchées
Protocole :
Mélanger les œufs entiers avec le sucre,
ajouter la farine et la levure en alternance avec l'huile et le lait,
puis le chocolat fondu, les pignons de pin et les fraises.
Verser dans un moule à cake et cuire à four doux (4) pendant 1 heure.
... recette...
17 mai 2008
Pain d'épices papaye/mangue
Rubrique Cuisine
Ingrédients :
- 250 g de farine blanche
- 1 sachet de levure chimique
- 2 g d'anis vert en poudre
- 2 g de cardamome en poudre
- 1 g de canelle en poudre
- 30 g d'huile de noix
- 30 g de fructose/li>
- 2 c. à soupe de miel liquide
- 20 cl de lait
- 40 g de papayes séchées
- 40 g de mangues séchées
Protocole :
Incorporer à l'appareil les fruits secs coupés en dés.
Verser dans un moule à cake (en silicone par exemple) et cuire à four assez doux (4) pendant 1 heure.
...recette...
12 mai 2008
Double Caramel
Rubrique Cuisine

Le rez-de-chaussée
est une Gelée de Caramel à l'Agar-Agar
Le palier intermédiair
est une Mayonnaise de Chocolat Blanc
L'étage supérieur
se compose d'une Mousse de Caramel

Ingrédients Gelée de Caramel :
- 25 cl d'eau
- 25 g de sucre blanc en poudre
- 2 g d'Agar-Agar
- 4 c. à soupe de caramel liquide
- quelques pignons de pin
Protocole Gelée de Caramel :
Ajouter le sucre en poudre, l'Agar-Agar, et le caramel liquide.
Laisser frémir entre 3 et 5 min.
Verser dans le fond de coupes à glace.
Ajouter 3 pignons de pin à chaque portion.
Laisser refroidir puis faire prendre au frigo pendant 1 à 2 heures.

Ingrédients Mayonnaise au Chocolat Blanc :
- 100 g de chocolat blanc
- 2 c. à soupe de crème fraîche épaisse non allégée (ce sont les lipides qui permettent à la mayonnaise de prendre, la crème et le chocolat remplacent ici l'huile de la mayonnaise traditionnelle)
- 1 jaune d'œuf
Protocole Mayonnaise au Chocolat Blanc :
Laisser tiédir (il ne faut pas cuire le jaune) et incorporer progressivement la préparation au jaune d'œuf en fouettant à vitesse constante.
Ajouter une couche de mayonnaise au chocolat blanc sur la gelée de caramel une fois qu'elle est prise.
Remettre au frigo 1 à 2 heures.

Ingrédients Mousse de Caramel :
- 2 blancs d'œufs
- quelques gouttes de jus de citron (c'est l'acidité du citron qui permet aux blancs de monter en neige plus rapidement et d'être fermes, même battus au fouet)
- 25 g de sucre blanc en poudre
- 4 c. à soupe de caramel liquide
Protocole Mousse de Caramel :
Les monter en neige (environ 3 min à la main) puis introduire le sucre tout en continuant à fouetter 30 secondes.
Verser ensuite le caramel liquide et mélanger doucement jusqu'à homogénéisation de la mousse.
Ajouter un étage de mousse épais (double ou triple de chacun des deux autres) sur la mayonnaise prise et son lit de gelée.
Remettre au frigo 1 à 2 heures avant de servir.
...recette...
05 mai 2008
Gâteau au chocolat
fourré à la crème Chouchou
gâteau d'anniversaire

Ingrédients pour le gâteau :
- 3 œufs entiers
- 80 g de sucre blanc en poudre
- 30 g de beurre fondu
- 210 g de farine
- 11g de levure chimique
- 100 g de chocolat noir à dessert (55% de cacao)
- 3 cl de lait
Protocole pour le gâteau :
Ajouter le beurre fondu.
Faire fondre le chocolat avec le lait à feu doux, puis l'incorporer à la préparation.
Verser dans un moule bas et cuire à four doux (4) pendant 30 min puis laisser refroidir.
Ingrédients pour la crème :
-
Pour la crème :
- 2 œufs entiers
- 70 g de sucre
- 50 g de farine blanche
- 50 cl de lait
- 100g de cacahuètes caramélisées
Protocole pour la crème :
Réduire les cacahuètes en poudre au mixer et les introduire dans l'appareil.
Cuire à feu doux pendant 10 min en remuant constamment.
(passer au mixer à la fin de la cuisson en cas de grumeaux)
Laisser refroidir.
Couper le gâteau en deux dans l'épaisseur et étaler une couche de crème d'un centimètre d'épaisseur avant de refermer.
(le luxe consisterait à finir par un nappage au chocolat, mais c'est assez riche comme ça...)
Et bientôt une recette de dessert hypolipidique...
...recette...
03 mai 2008
Photographies de la Cathédrale d'Amiens
Approche de la Cathédrale d'Amiens
Voici la plupart des photographies, prises entre 9 heures et 10 heures environ, qui rendent compte du parcours effectué. Elles sont présentées sous forme chronologique. Pratiquement, c'est l'équivalent d'une planche contact, cherchant à mettre en évidence le travail du cadrage, tel qu'il se construit, peu à peu.


Derrière les grilles, d'autres espaces, dans lesquels on ne peut pénétrer. Une scène de théâtre vide. Un espace visible, proche, mais cependant aussi inaccessible qu'une image. Frustration.

...à suivre..
... |
Marche vers le fond, le regard
hésite entre plusieurs sujets d'observation. Capture rapide de loin,
sans insister. Les rangées de chaises m'effraient. Elles semblent
difficiles à franchir et m'invitent à rester sur le côté.
Poursuite de la progression. Tout au fond, les tombeaux. Il y a des gisants, au dessus desquels des bas-reliefs représentent des scènes de la vie de Saint-Firmin. On remarque l'utilisation de la couleur ocre rouge sur le stylobate.
Au
centre, encore un espace réservé, avec des bancs cette fois. Toujours
des grilles de fer forgé. Certaines parties portent des dorures qui
captent et renvoient la lumière. L'or et la lumière... Richesse
terrestre et force divine... La cathédrale est manifestement un bien
précieux que l'on protège. La grille au premier plan filtre l'image, elle dit l'inaccessible de l'espace et justifie l'échelle du cadre. Ce que la photographie montre, c'est qu'on ne peut pas s'approcher davantage. Sur place, on ne voit pas beaucoup mieux, sauf à changer de hauteur, par exemple en se haussant sur la pointe des pieds. La vision rasante de la grille en oblique fait pratiquement disparaître ce qu'il y a derrière. La contrainte du point pousse à s'évader, à regarder en hauteur, pour échapper à cette limitation. Le plafond semble si lointain que cela donne presque le vertige.
La symétrie de l'architecture est structurelle, répétition des chapelles, espaces clos de grilles et d'autels, de vitraux. De tous cotés, les visiteurs sont encore rares et peu d'entre eux circulent mais ont entend quelques murmures parfois, mais tous respectent le caractère sacré du lieu.
De part et d'autre, des groupes de chaises, de bancs, sur lesquels on
voit pas un fidèle prier ou se recueillir. Pas même un touriste
fatigué. Comment distinguer d'ailleurs un touriste d'un fidèle ? Un
fidèle est un touriste fatigué de regarder autour de lui et qui
s'assoit dans l'espoir de saisir l'invisibilité de l'esprit saint. Un
touriste est envouté par sa pulsion scopique. Il est venu voir et tant
qu'il est satisfait, il n'a guère besoin de l'invisible. Pas avant
d'avoir eu une vision ou une apparition, du moins, mais il faudrait un
miracle. ...photos persos... |
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